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APPM : Avant-projet de plan de masse
2001 a été l'année de la consultation organisée autour du nouvel Avant Projet de Plan de Masse. (APPM) de l'Aéroport Marseille Provence.

Le document de planification à long terme prévoit la reconstruction et l'allongement de la piste 2 à 3500 m (au lieu de 2400 m aujourd'hui).

Une extension nécessaire pour pouvoir répondre aux besoins de déplacement des provençaux et aux besoins des entreprises de notre région qui, pour rester compétitives doivent avoir une accessibilité rapide vers tous les marchés.

Dans le cadre de cette consultation, l'Aéroport (Direction Générale de l'Aviation Civile, Service Spécial des Bases Aériennes, Direction de la Concession) a présenté le projet de cet APPM aux communes et collectivités concernées :
Berre l'Etang, Gignac la Nerthe, Le Rove, les Pennes Mirabeau, Marignane, Rognac,
St Chamas, St Victoret, Vitrolles, la Communauté Urbaine de Marseille, la Communauté d'Agglomération du pays d'Aix, Conseil Général, Conseil Régional, Conseil Economique et Social Régional… sans oublier la Commission Consultative de l'Environnement de l'Aéroport.

Près de 30 réunions se sont ainsi tenues, qui ont permis aux communes et collectivités d'exprimer leurs préoccupations. Tous les avis émis ont été repris dans le rapport final de consultation qui permettra la prise de décision finale du Ministre au sujet de cet Avant-Projet de Plan de Masse.

Avant Projet de Plan de Masse en dix questions

1. Qu'est-ce qu'un Avant Projet de Plan de Masse ?
L'Avant Projet de Plan de Masse (A P P M) est un document de planification à long terme qui précise les extensions possibles pour pouvoir augmenter les capacités d'accueil de l'Aéroport, notamment au niveau des pistes.
C'est un document qui n'est pas opposable aux tiers mais qui constitue une référence pour l'établissement des documents d'urbanisme des communes.

2. Pourquoi un nouvel Avant Projet de Plan de Masse ?
· Le dernier APPM approuvé date de 1960. Ce document est aujourd'hui obsolète.
Il faut que l'Aéroport puisse disposer d'un schéma d'extension pour créer des infrastructures capables d'accueillir de nouveaux trafics. Il convient de répondre aux besoins de tous les usagers, des provençaux qui souhaitent se déplacer, comme des habitants d'autres régions de France d'Europe ou du monde qui veulent venir en Provence.
En 2000 l'Aéroport a accueilli 6,5 millions de passagers et a enregistré 100 000 mouvements d'avions commerciaux.
La capacité actuelle de l'Aéroport est estimée à 120 000 mouvements commerciaux.
Malgré le ralentissement du trafic constaté en 2001, il existe un risque réel de saturation à moyen terme.


Reconstruction et allongement de la piste 2

3. Pourquoi retenir comme solution la refonte et l'allongement de la Piste 2 ?
En 1982, l'Aéroport avait envisagé un nouvel APPM qui prévoyait la création d'une troisième piste construite en remblai sur l'Étang de Vaine et qui aurait pratiquement coupé l'Étang en deux.
Pour des raisons environnementales, ce projet fut abandonné.
Une solution fut alors recherchée permettant d'optimiser les installations existantes et qui a abouti au projet actuel.
Rappelons que l'Aéroport possède deux pistes. La piste 1 d'une longueur de 3 500 m et la piste 2 de 2 400 m. Les pistes sont convergentes et la distance les séparant ne permet pas une utilisation optimale.
Dans sa configuration actuelle, la piste 2 est considérée comme une piste ponctuelle de débordement.
C'est la raison pour laquelle l'APPM prévoit de reconstruire la piste 2 en l'écartant légèrement de la piste 1 (écartement retenu de 384 m) et de la rallonger avec un remblai similaire à celui qui a déjà été fait pour la piste 1.
La piste 1 sera essentiellement utilisée pour les décollages, la piste 2 consacrée surtout aux atterrissages.

4. Quelles seront les conséquences de cette extension ?
Sur le plan de la capacité Piste, ce doublet de piste spécialisé permettra à terme d'accueillir 180 000 mouvements par an, et pourrait être rendu indispensable vers 2015 compte tenu des prévisions actuelles de trafic.
Au niveau de la sécurité, le fonctionnement de deux pistes en doublet spécialisé (piste 1 décollages, piste 2 atterrissages) permet d'éviter des croisements de flux, offre plus de régularité et accroît encore le niveau de sécurité.
Sur le plan de la gêne sonore, il faut rappeler qu'aujourd'hui le trafic est concentré sur la piste 1 (90 % des mouvements). La mise en service de la nouvelle piste 2 permettra de répartir le trafic sur deux pistes. Il est important de souligner que les trajectoires d'atterrissage (sur la future piste 2) sont situées au dessus de zones plus faiblement urbanisées, que ce soit au Nord avec le survol de l'Etang de Berre, des Salins et de zones agricoles ou au Sud avec des survols pour St-Victoret de zones moins habitées que la trajectoire issue de l'utilisation de la piste 1.
Cela ne signifie pas une disparition de la gêne sonore, mais que pour un nombre significatif d'habitants les nuisances seront moins fortes que celles ressenties aujourd'hui.


Axe des pistes côté Nord


Axe des pistes côté Sud


5. Quelles sont les mesures prises pour protéger les populations des nuisances sonores ?
· C'est le Plan d'Exposition au Bruit (PEB) qui permet de limiter l'urbanisme autour de l'Aéroport.
Le PEB est une carte où sont représentées des zones illustrant le niveau de gêne sonore à long terme. Il est établi sur la base d'évolution des infrastructures aéroportuaires, des procédures de circulation aérienne et des prévisions du trafic aérien.
L'actuel PEB date de 1975.
Dans le cadre d'un nouvel APPM il y aura un nouveau PEB afin de prendre en compte l'extension de la piste 2. La sensibilisation au bruit étant forte il est important d'éviter que de nouvelles populations s'installent trop près de l'aéroport.
Ce PEB fera l'objet d'une enquête publique. (Le PEB est opposable aux tiers et intégré au POS des communes concernées).
· Pour aider les populations installées à proximité de l'aéroport à insonoriser leurs habitations, l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la maîtrise de l'énergie) a versé 8,77 M€ (57,5 MF) depuis la création en 1996 du fonds d'indemnisation des riverains.
855 logements ont bénéficié de cette aide, soit près de 10 214 € (67 000 MF) par logement.

6. Quel est l'impact des travaux prévus sur l'Etang ?
· Avant de retenir la solution d'allongement de la piste 2 une étude courantologique a été réalisée par un cabinet spécialisé qui a montré la neutralité de l'extension du remblai tant sur la courantologie que sur les échanges à l'intérieur du système constitué par les Etangs de Berre et de Vaine.
· Quant à la réalisation des travaux, l'une des solutions envisagées serait de remblayer les 50 ha prévus pour l'allongement de la piste, avec probablement des sables provenant du dragage des bassins de Fos amenés par barges maritimes, de manière à éviter le prélèvement de matériaux dans un site naturel et le transport par route qui constitue un mode contraignant.
Le remblai sera mis en place à l'intérieur d'une encloture pour éviter la dispersion de matériaux fins hors de la zone de chantier et ainsi préserver la faune et la flore de l'Etang.

7. Quel est l'impact de l'activité aéroportuaire sur la qualité de l'air ?
La qualité de l'air est une préoccupation importante et légitime pour tous les habitants.
Plusieurs études ont été menées pour évaluer la pollution due à l'activité de l'Aéroport.
A l'échelle de l'Etang de Berre et à plus forte raison à l'échelle régionale, les quantités de polluants émis par l'activité de l'aéroport apparaissent très faibles comparés aux flux suscités par le secteur industriel et les transports terrestres.
Un inventaire exhaustif (1994) a été réalisé par la DRIRE PACA, le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d'Etudes de la Pollution Atmosphérique) et le STNA (Service Technique de la Navigation Aérienne), notamment sur la zone Berre/Marignane/Velaux/Vitrolles et pour les trois polluants les plus importants (Dioxyde de soufre, oxydes d'azote et composés organiques volatiles (COV ). Il apparaît que :
- le secteur industriel contribue pour plus de 84 %
- les transports terrestres pour près de 15 %
- le trafic aérien de l'aéroport pour moins de 1%.

8. In fine quelle est l'ampleur de ce projet ?
En terme économique ce projet est très important pour l'avenir de notre région.
Il est également très important au niveau financier.
Mais il reste à une échelle limitée si on le compare à ce qui est prévu sur d'autres plate formes en France :
Ø A Lyon, l'APPM prévoit à terme la création de deux pistes supplémentaires soit 4 pistes au total.
Ø Nantes Un nouvel aéroport va être construit
Ø Paris : un nouveau site est recherché pour la création du 3ème aéroport.
Ø Toulouse s'oriente dans le même sens …
En terme de travaux, l'APPM vise à reconstruire la piste 2 sur une emprise proche de celle d'aujourd'hui, à la rallonger de 1100 mètres par un remblai de 50 ha pris sur un étang d'une surface de 15 000 ha…
Le projet reste important mais limité en terme d'impact environnemental.

9. Faut-il s'engager dans un tel investissement alors que le trafic baisse ?
Ce qui est important c'est de pouvoir anticiper.
Le trafic aérien est aujourd'hui en crise, et enregistre une baisse conjoncturelle. Il est clair que la CCIMP ne lancera pas ces travaux, importants sur le plan financier, s'ils ne correspondent pas à une nécessité.
En revanche, le processus de concertation, auquel l'aéroport est attaché, est long et il convient de le poursuivre pour pouvoir être prêts à engager ces travaux dès que le trafic le justifiera.

10. Où en est-on du processus de concertation ?
Le processus de concertation a été engagé sous l'autorité du Préfet depuis de très nombreux mois.
Les Services de l'Etat auxquels étaient associés les services de la CCIMP ont présenté cet avant-projet à tous les maires et conseils municipaux concernés, et l'ayant souhaité, ainsi qu'à d'autres collectivités (Conseil Général, Conseil Economique et Social…)
Les responsables aéroportuaires ont présenté un projet sur lequel la réflexion a été globale, intégrant les composantes économiques, techniques et, bien entendu, environnementales.
Les avis recueillis auprès des différentes communes et entités seront ensuite répercutés par le Préfet au Conseil Supérieur des Infrastructures et de la Navigation Aérienne (CSINA), lequel est chargé de donner un avis au Ministre des Transports.
Il appartiendra in fine au Ministre des Transports de décider de la suite à donner à ce dossier.
Il est important de rappeler que si le projet devait être retenu, des enquêtes publiques réglementaires viendraient compléter la démarche de concertation engagée.
Les populations seront obligatoirement consultées notamment dans le cadre d'un nouveau Plan d'Exposition au Bruit.
Le 6 décembre 2001, les communes de Berre l'Etang, Chateauneuf les Martigues, Ensuès la Redonne, les Pennes Mirabeau Marignane, Rognac, Vitrolles, ont organisé un référendum qualifié d'illégal par le Préfet, par lequel la population de ces communes devait répondre à la question suivante : " Etes-vous favorables à l'extension de l'Aéroport Marseille Provence qui consiste notamment en l'allongement de la deuxième piste en vue d'accroître le trafic aérien générateur de nuisances supplémentaires ? "
Un peu moins de 24 % d'électeurs se sont déplacés : 91 % des votants ont répondu négativement, 9 % positivement.

 

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